Des comics au X

Nightcat #1 (one-Shot) – April 1991

Couverture : Joe Jusko
Jim Salicrup-Barry Dutter (plot) * Stan Lee (script) / Denys Cowan / Jim Palmiotti – 48 pages

Notre histoire commence il y a 10 ans, la jeune Jacqueline Tavarez vit avec son père, Lou, policier et sa mère, Beth, musicienne et chanteuse à la carrière au point mort. Après avoir raté une n-ième audition, Beth meurt d’une overdose alcoolique.

« Promets-moi que tu ne toucheras jamais à la chanson, c’est mal! »

Suite à ce drame, son père lui fait promettre de ne jamais devenir chanteuse.
Mais devenue étudiante, elle chante dans un groupe d’amis musiciens. Son père l’apprend et lui interdit de recommencer. Après son abandon, sa rivale dans le groupe, Melissa, prend sa place.

Des années plus tard, Melissa est devenue une chanteuse célèbre. Brillante étudiante (en droit ?), Jacqueline décide de commencer elle-même une carrière de chanteuse incognito sous le pseudo et le costume de Nightcat.

« The Night Meow » ^^

Elle s’inspire en cela des comics qu’elle lit. Elle signe un contrat chez LMR Records devient à son tour une très grande star de la chanson.

« Mon nom est Jem – ouhouhouh Jem .. »

C’est sur qu’avec un pseudo, son père ne la reconnaitra jamais.

« (Fame !) I’m gonna live forever, I’am learn how to fly (High!) »

Un jour dans le studio d’enregistrement,elle reconnaît un homme lié à un trafic de drogues et ouvre discrètement sa mallette remplie de stupéfiants. Mais l’un de ces complices, Krak, s’en aperçoit et l’assomme avant de la ramener à leur QG.

Pour bien comprendre qu’on est face à un trafic de drogue, le méchant s’appelle « KRAK » 🙂

Là-bas,  leur chef, Amanda Gideon, une femme d’affaires respectable pour le grand public (aucun lien avec l’ennemi des FF et de X-force) fait tester des drogues ayant pour but de donner des caractéristiques animales aux humains. (Un dérivé de la Mutant Growth Hormone ?)

Extraordinaire : Un homme avec tous les pouvoirs … du singe.

Leur scientifique, le docteur Ecsaty (au cas où les lecteurs n’auraient toujours pas compris qu’on était face un réseau de trafiquants) injecte une dose de drogue mélangée avec du sang de chat.

Elle a eu de la chance malgré tout, il aurait pu tester du sang de dindon ou de truite.

Au même moment, Lou Tavarez qui enquêtait sur les agissements de ce gang fait irruption dans le labo et abat le Dr Ecstasy avant d’être à son tour criblé de balles.

« Boom Blam Crack Boom Blam Blam … et Boom »

Les hommes de main du groupe arrivent et Nightcat parvient à les neutraliser grâce à ses nouveaux pouvoirs dus à la drogue : elle possède maintenant une agilité, des réflexes et des griffes dignes d’un chat.

On avait pourtant dit à Wolverine de copyrighter ses « Snik » – vous remarquerez que le vernis à ongles s’allonge aussi : la classe.


Gideon s’échappe pendant que Lou agonise dans les bras de sa fille qui lui révèle son secret. Avant de mourir, il a le temps de lui dire qu’il est fier d’elle et de sa carrière. Nightcat promet de le venger.

 

Dans intervalle, elle continue sa carrière de chanteuse et signe même avec Stan Lee un contrat pour faire un comics sur sa carrière.

La mise en abime totale avec le comics qui évoque sa propre origine

 

Afin de faire payer Gideon, elle utilise son argent pour s’équiper de matériel Hi-Tech : ordinateurs, armes … et une Cat-illac. (sic)

 

« Nightcat et sa Cat-Illac » – même au second degré ça a du mal à passer.

Encore un truc piqué à Dazzler

Nightcat sabote toutes les trafics de drogue qu’elle détecte notamment ceux qu’elle soupçonne d’être liés à Gideon.


La malfrate est excédée par cette Nightcat et décide de lui tendre un piège en l’invitant pour un concert à son casino. Elle fait remplacer les choristes de son groupe par des ninjas que Nightcat parvient malgré tout à mettre KO avant d’électrocuter Krak.

J’ai un joujou extra qui fait « Krak Boom Yahhrr ! »

Elle poursuit Gideon jusque sur le toit du casino où la femme d’affaires tombe en tentant d’attaquer Nightcat.

Nouveau look pour une nouvelle vie.

Son père vengé, Nightcat décide de continuer à combattre le crime .

 

LOL NightCat

Avec Nightcat, Marvel fait enfin aboutir un concept qu’ils avaient failli sortir plus de dix ans auparavant. Ils concourent par la même occasion au grand prix Ouatedephoque Comics de l’année.

NCpic.jpg

Jacqueline Saharra Tavarez aka Nightcat

A la fin des 70’s, devant le succès du comics sorti sur KISS, Marvel projeta avec Casablanca records de créer une super-héroïne-chanteuse dont l’album sortirait bel et bien dans le monde réel : Dazzler. Les deux compagnies envisageaient même de sortir un film un peu plus tard avec Filmworks. Le projet capota pour des raisons encore floues. Dazzler fut ainsi intégrée pleinement au Marvel Universe et y gagna sa propre série.

1991, la maison aux idées cherche encore à se diversifier et ressort ce concept de chanteuse/super héroïne. C’est ainsi que sort ce one-Shot improbable.

 

nightcat

Jacqueline Saharra Tavarez, jeune chanteuse de 19 ans est désignée (par qui et comment ?) pour incarner ce personnage cross-over entre deux médias : Chanteuse et personnage de comics. En 1991, la maison de disque LMR Records sort donc l’album de Nightcat tandis que Marvel publie en parallèle son comics-book.

 

Dazzler était portée par le mouvement Disco, Nightcat sera axée Dance/R’n’B (proche de Paula Abdul). Marvel décrit l’album par « a collection of hot dance tracks and soulful ballads that will make even Madonna shut-up and dance ».

Le single et tous les titres de l’album sont facilement trouvables sur youtube, l’unique single « #1 House Rule » est plutôt réussi dans le style.

Selon l’article de Marvel Age #98 (March 1991), c’est suite à la rencontre entre Stan Lee et Don Kessler de LMR Records que serait née l’idée de sortir un comics book sur cette chanteuse en en faisant une super-héroïne.

Marvel Age #98- Toxic Avenger, le héro de Troma en couv’

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Marvel Age #98 – Nightcat chante avec Fred Hembeck – Toxic Avenger & Nighthawk en choristes


Marvel Age #99 – Nightcat, Forbush Man et Spider-Ham

Cette lourde tache retombe sur Bob Budiansky qui commence par « embaucher Stan Lee car LMR Recors voulait le meilleur pour ce projet » (sic).

Parallèlement, Jim Salicrup et Barry Dutter s’occupe de l’intrigue principale, Dewys Cowan aux dessins et un petit jeune, Jimmy Palmiotti à l’encrage. Jim Lee est chargé de créer le design du costume. Voilà pour la version officielle de ce coup marketing fumeux.

Sur son blog Tom Breevort livre une version moins brillante de la genèse du comics : Un deal entre Marvel & LMR records qui disposait de beaucoup de moyens mais de très peu de temps – d’où un comics bâclé avec des exigences de dernière minute de la part des managers de LMR.

Nightcat – costume designé par Jim Lee

Denys Cowan avouera plus tard que Marvel voulait les planches « pour hier » – Marvel Age # 112 – sans doute pour ne pas retarder la sortie de l’album (ce qui se voit car c’est loin d’être son meilleur boulot). Il dit d’ailleurs n’avoir aucune envie de dessiner à nouveau le personnage.

L’histoire manque définitivement d’originalité et évoque notamment les origines de Daredevil et de Batman tout en refilant le concept de Catwoman/Tigra à la sauce stupéfiants, agrémenté de scènes de concert où elle chante les titres du cd (#1 House Rule / Don’t Change / I’ve finally found someone)

Sur son blog, Kevin Church, souligne également les grandes similarités entre le scénario de Nightcat et le film Catwoman (2004) avec Halle Berry.

Coté promotion, Nightcat apparut auprès de Stan Lee dans l’émission « Into the Night » le 21 mai 1991. Elle chanta son unique single « #1 House Rule » dans l’émission « Nia Peebles and the Party Machine ». (Malgré d’intenses recherches, je n’ai pu trouvé aucune image malheureusement.)

 

Pochette du Single

Pour promouvoir son combo cd/comics, Nightcat serait apparue lors de conventions déguisée comme son personnage. L’article de Marvel Age # 98 évoquait une série de concerts dont on ne sait pas s’ils ont eu vraiment lieu. Il est même fait mention qu’elle combattait des ninjas sur scène (comme dans le comics) ainsi que « others amazing feats ».

 

myir1991

Marvel : Year-in-review ’91


Nightcat ne fit aucune apparition dans d’autres titres Marvel (pour l’anecdote, elle est citée au générique de « Damage Control – The Movie – Damage Control III » #3 (11-1191))

Nightcat …. herself (tout en bas) – Damage Control III #3


De son coté, LMR records / RCA n’a pas vraiment assuré car aucun clip pour le single n’a été tourné. Autant dire qu’à l’époque du règne de l’image et de MTV, c’était presque mort d’avance. (Sans compter un logo et une pochette un poil ringard). Et à 4$ le comics, ça fait cher la blague surtout en 1991.

Oh le beau T-shirt ! et signé par Stan Lee en plus, mazette !.

 

Marvel Age #105

 Un an plus tard, plus personne ne parlerait plus de Nightcat. Son apparition dans un clip musical de la controversée Amy Fisher (une mineure impliquée dans une sordide histoire d’adultère qui aboutira à une tentative de meurtre ) semble avoir mis un terme définitif à son contrat avec Marvel/LMR.

Sans grande originalité mise à part une mise en abime un peu gadget, ni promotion suffisante, l’avenir de Nightcat était déjà joué avant même son lancement . A quelques années près, elle aurait peut-être pu bénéficier de l’engouement pour les « bad girls » encore balbutiant à l’époque.

Il est fort peu probable que l’on revoit Nightcat un jour dans les pages d’un comics Marvel. Même si techniquement tous les personnages du comics sont © Marvel, le risque d’un procès de la part de Jacqueline Tavarez est envisageable. De plus, entre Black Cat, Hellcat, Tigra, Feral etc … une x ième héroïne aux pouvoirs félins n’apporterait pas grand-chose.
Mais qui sait, les chattes ont 9 vies …

Et à propos de chatte…

De son coté, Jacqueline a poursuivi une carrière de moins en moins habillée. Après avoir joué en petite tenue & complément nue dans  » Tromeo & Juliet « * de la société de production Troma , elle posa pour Playboy et Penthouse et d’autres magazines de charme.

Capture d’écran de Tromeo & Juliette


Non, c’est pas racoleur, c’est pour illustrer.

 

On retrouve aujourd’hui  des photos très intimes de Jacqueline Tavarez sur son myspace* ou encore sur des sites d’escort girls* sous le pseudonyme de Jacqueline Love*. Elle dévoile également ses charmes sans aucun tabou dans des videos trés personnelles* et payantes où elle se dit « obsédée par son minou » (je vous ai mis la version light). 

Comme quoi, on en revient toujours au chat au final.

*Les extraits du film et des videos de Jacqueline sont facilement trouvables sur le net, je vous laisse googlisé les mots clefs. J’ai du retirer les liens directs car WordPress m’a bloqué mon site presque une journée à cause de ça ^^

 

Sim Theury
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