Crazy Phoenix

Crazy est un magazine humoristique paru chez Marvel de 1973 à 1983. Recopiant les recettes de MAD, Crazy ne se distinguait vraiment que par les parodies de ses propres personnages. Ces pages virent également les débuts de quelques artistes maisons comme Bob Mc Leod sur Teen Hulk.

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Dans le numéro 66, le magazine tente une formule de parodie directement à partir des planches originales de comics.

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Il s’agit d’une histoire de Kirby issue de Journey into Mystery #51. Jouant uniquement sur les dialogues, le jeune Jim Owsley détourne l’histoire d’un jeune chef de tribu confronté à des aliens en une aventure délirante d’un touriste américain sur une ile hawaïenne déjouant les plans d’extraterrestres voulant conquérir la Terre avec des jouets.

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Celui qui se renommera Christopher Priest et qui connaitra la notoriété grâce à ses travaux sur Black Panther, Steel, Powerman & Iron Fist et Quantum & Woody fait ainsi ses premiers pas dans l’industrie du comics.

Et pour son second détournement dans Crazy #88 (July 1982), Priest s’attaque au Saint des Saints : la saga du Phoenix noir de Claremont et Byrne. A peine 2 ans après sa parution, il compile en 11 pages les épisodes #234 à 238 d’Uncanny X-men. Il s’agit d’ailleurs des planches originales en noir et blanc légèrement rehaussées par des pastels de gris par Beth Firmin. Critique des religieux, clins d’œils aux clichés des comics, blague à 2 balles et destruction du 4ème mur, tout y passe.

Le ton est donné d’emblée dans une première page où Claremont armé d’un flingue fait exploser la tête de Priest pour avoir oser toucher à son œuvre.

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Dessins par Bob Camp.

L’histoire débute alors que Brother Cyclops,  grand prêtre de l’église de la sainte redondance, rassemble ses frères et sœurs pour se rendre au temple. Ils sont tous des disciples du révérend Maharishi-X, le fondateur de l’église (qui pour l’heure est en retraite spirituelle à Palm Springs). Brother cyclops est très fier d’avoir été nommé prêtre de l’église. Cela lui permet de donner des ordres, lancer les chants religieux et d’avoir des réductions d’impôts.

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Mais alors qu’ils sont dans leur vaisseau (avec un design de Neals Adams), Sister Phoenix semble perdre les pédales et fait soudainement exploser le vaisseau.

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Possédée par le diable, elle rejette son ancienne église et menace de faire des choses horribles comme jouer de l’accordéon tout en faisant des claquettes.

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Elle part rejoindre son ex-mari George Hubert. Un plombier qu’elle a quitté pour l’église, il y a 10 ans alors qu’elle était encore Harriet Hubert.

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George lui demande s’il a ramené les bières. Mais alors qu’elle est heureuse de lui apprendre qu’elle a quitté la secte, George lui présente les deux sœurs de l’église qui l’aident à … méditer. Devant les critiques sur sa tenue, Phoenix rétorque que les personnages secondaires n’a pas la chance d’être aussi bien dessinés qu’elle.

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George s’emporte et lui lance qu’il est bien content d’avoir appelé les membres de l’église pour l’appréhender.

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Mais Sister Phoenix est bien trop forte pour être maitrisée ou raisonnée. Elle est enfin libre et compte bien en profiter. Elle n’a plus à faire prier ou à offrir des colliers de fleurs dans des aéroports pour obtenir des dotations ou convaincre de nouveaux fidèles.

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Mais Sister Phoenix semble affaibli et est poursuivie par  un Brother Cyclops qui est déjà vénèr d’avoir perdu une belle paire de lunettes dans la bataille.

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En effet, le grand prêtre réussit à tuer la renégate avec un piège surprise. Le Révérend ne perd jamais. Phoenix est parti en cendres mais ça aura couté une lentille de contact à Cyclops. Une vraie plaie cette Sister Phoenix !

Et en guise de Happy End :

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Blasphème spirituel

Comparer les X-men à une secte religieuse et transformer la saga du phœnix en une grosse farce, même pour un magazine parodique, il fallait oser (et je parle pas du Run d’Hickman)

L’histoire fait référence à l’explosion des mouvements religieux et à leurs dérives sectaires à l’époque. Le révérend Maharishi X est évidement un clin d’œil au Maharishi Mahesh Yogi. Ce dernier connu pour être le « guide spirituel des Beatles » mais également pour ses gouts de luxe et son penchant pour les femmes choisies parmi les adeptes.

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Priest fait aussi de nombreuses allusions aux « hare Krishna » squattant les lieux publics comme les aéroports à la même période (déjà moqués dans le merveilleux Airport – Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? en 1980).

Brother Scott fait également allusion au pasteur Jim Jones, Leader du temple du peuple. Le destin de la secte s’achèvera dans un massacre/suicide collectif trouble en 1978.

L’histoire ne dit pas si ce travail inspira Jim Owsley à prendre le pseudonyme de Christopher Priest.

Fans Attacks

Généralement bon enfant, le courrier des lecteurs fut particulièrement négatif. On avait touché quelque chose de sacré et les fans ne le pardonnaient visiblement pas.

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La réponse de Priest fut tout aussi cinglante. Phoenix était un personnage de fiction et il était content que Marvel l’ait payé pour s’amuser avec elle. Il espère aussi que Marvel  la tue de nouveau pour qu’il puisse s’en moquer encore.

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Après cette histoire, Jim Owsley ne réalisera qu’un autre détournement à partir du premier épisode du Black Knight par Lee & Maneely de 1955. Autant vous dire que cela ne suscitera pas les mêmes réactions.

Sim Theury

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